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Dralla Land

Point de vue changeant

Les nouveaux réseaux

Les services numériques décentralisés et leur impact sur nos vies

• Publié le dimanche 4 avril 2021
• 3000 mots

Pour de plus en plus de gens, les services numériques sont à la fois addictifs et repoussants. Ils rendent de précieux services qui ont une vraie valeur dans nos vies quotidiennes, et simultanément, ils créent de multiples espaces sans foi ni loi où l'esprit de la conquête de l'ouest et de la ruée vers l'or domine de nouveau. En ce domaine, la réalité dépasse de beaucoup la fiction, ou ce que nous croyons être la fiction. Ce que permettent les services numériques est à la fois bien plus puissant, effarant et corrosif que ce que la plupart d'entre-nous pouvons imaginer.

Voici des exemples de services numériques :

  • Les sites web et les courriels
  • Les jeux et les applications mobiles
  • Les bases de données et les cotes de crédit
  • Les services centralisés des géants du web
  • Les fournisseurs d'accès à Internet
  • Les services d'achat et de vente en ligne
  • Les services de vidéo-conférence
  • Les services financiers et les crypto-monnaies
  • Les plateformes de diffusion de contenu
  • Les téléchargements de pair-à-pair

Jusqu'à présent, l'arrivée des services numériques s'est échelonnée le long d'au moins onze grandes vagues. Nous entrons maintenant dans la douzième. Voici les vagues de déploiement des principaux services numériques :

  • Les proto-réseaux
  • Les ordinateurs personnels
  • Le World Wide Web
  • La bulle Internet
  • Le web encrypté
  • Le téléphone intelligent
  • Les applications
  • Les crypto-monnaies
  • Les réseaux sociaux
  • L'intelligence artificielle par l'apprentissage profond
  • Les géants du web
  • Les réseaux décentralisés

S'il est certain que les services numériques ont apporté fortune et bienfaits à des millions de personnes dans le monde, il est aussi vrai qu'encore plus de gens se sont appauvris, ont été exploités et dépossédés, ou ont appris à vivre sous de nouvelles contraintes depuis l'arrivée de ceux-ci. Les pouvoirs qu'engendrent les services numériques ont ceci de particulier que s'ils donnent à la plupart des gens un accès toujours plus facile à une multitude de services encore inimaginables hier, ils servent aussi à concentrer de toujours plus grands pouvoirs dans les mains d'un toujours plus petit nombre de personnes.

En cela, l'arrivée des services numériques a contribué à engendrer des bouleversements sociaux majeurs, créant de nouvelles fissures sociales par-dessus les anciennes, faisant en sorte de maintenant diviser les populations de la planète en au moins trois grands groupes. Le premier groupe est composé des initiateurs, et ce groupe se détache des autres à grande vitesse, autant socialement qu'économiquement. Les personnes qui sont liées à ce groupe comptent parmi les premières à avoir expérimenté les bienfaits des services numériques, dès le début de chacune des grandes vagues. Ces personnes ont une connaissance approfondie de la mécanique des différents services numériques disponibles et en développement. Le second groupe est formé des utilisateurs, c'est à dire les gens qui utilisent les services numériques sans connaissance particulière quant à la nature de ceux-ci. Le troisième groupe inclus toutes les personnes qui n'utilisent pas encore activement les services numériques. Pour le moment, ce qui différencie les personnes de chaque groupe tient principalement à l'âge, aux croyances, et à la localisation géographique.

Ce qu'il faut retenir, c'est que l'écart qui sépare les initiateurs des utilisateurs augmente à une vitesse exponentielle, et cet écart semble irréversible. Ce qui sépare les deux premier groupes tient surtout au fait de s'être initié, ou non, à l'art de coder. C'est à dire d'au moins comprendre les fondements des principales langues de programmation numérique. Si vous ne savez pas ça, vous êtes un utilisateur. Et si vous êtes un utilisateur, vous êtes à la fois le client et le produit des ceux qui profitent le plus des services numériques. Vous êtes le client parce que vous investissez une grande part de vos revenus dans l'achat et l'utilisation de services numériques, et vous êtes le produit parce que tout ce que faites à l'aide des services numériques est potentiellement consigné, trié, classé, vendu, scruté, puis utilisé, la plupart de temps contre vous même. Et si vous croyez que les services numériques que vous utilisez ne font pas de vous un produit, détrompez-vous, ou alors initiez-vous.

Au final, le vrai prix à payer pour jouir des services numériques se calcule aujourd'hui en plusieurs dizaines de milliers de dollars prélevés des poches de chacun, d'une façon ou d'une autre, à chaque année. C'est ce que coûte l'obtention de toujours plus d'occasions de tromper l'ennui, à chaque heure de chaque journée. Et là réside le déséquilibre : d'un côté, rien ne peut limiter la somme des pouvoirs et des richesses que certains accumulent en exploitant les utilisateurs, alors que de l'autre, nous ne disposerons jamais plus que de vingt-quatre heures pour chaque jour en tant qu'utilisateur. Les plaisirs éphémères nous sont données au prix de notre prospérité, de notre santé, et d'une attention constante. Et de plus en plus de gens découvrent que ce prix est bien trop cher payé.

Ce que les services numériques procurent aux utilisateurs :

  • L'accès à plus d'information qu'aucun humain n'a jamais connu
  • L'accès à des millions de jeux et de passe-temps gratuits
  • L'accès à la culture digitalisée de par le monde
  • L'accès aux vidéos et à la musique sur demande
  • L'accès à un ordinateur personnel dans la poche de chacun
  • L'accès à des biens et services de partout sur la planète
  • La capacité de communiquer en tout lieu en temps réel
  • L'accès à une infinité de nouvelles valeurs spéculatives
  • La possibilité de mieux contourner certaines lois

Ce que les services numériques procurent aux initiateurs :

  • Le contrôle de l'empreinte numérique de tous et chacun
  • Le contrôle des outils systèmes et des bases de données
  • Le contrôle sur l'accès à la culture digitalisée de par le monde
  • Le contrôle sur les algorithmes et l'intelligence artificielle
  • Le contrôle des ordinateurs personnels dans la poche de chacun
  • Le contrôle des biens et services de partout sur la planète
  • Le contrôle sur toutes les communications en temps réel
  • L'accès à une infinité de nouveaux véhicules spéculatifs
  • La possibilité de se mettre à l'abri des lois

Les conséquences de la montée des services numériques :

  • Moins de temps pour dormir et se régénérer
  • Moins de temps pour s'ennuyer et pour créer
  • Moins de temps avec nos proches en personne
  • Moins de civisme et de sens des responsabilités
  • Plus grande dégradation environnementale à large échelle
  • Plus grande dégradation de la qualité des rapports humains
  • Plus grande possibilité de tout perdre d'un coup
  • Nous devenons les nouvelles valeurs spéculatives
  • Nous perdons de vue la portée de nos actions

Une solution à la plupart de ces maux, et qui sera bientôt à notre portée, est la décentralisation des services numériques. Cette décentralisation promet d'humaniser les services numériques en responsabilisant les utilisateurs, de façon à les faire passer au rang de participants, rien de moins. Ce qui devrait nous permettre de transiter, de passer de l'ère individualiste actuelle, qui favorise une dissociation entre les personnes et la société, à l'ère de l'individualisation, où nous deviendrons beaucoup plus participants qu'utilisateurs.

Avant l'urbanisation, l'industrialisation et l'informatisation des sociétés, les individus et les groupes humains étaient soumis aux traditions. Bien qu'il subsiste encore quelques sociétés traditionnelles de par le monde, la majorité des être humains vit aujourd'hui en milieu urbanisé, dans des sociétés industrialisées et informatisées. De fait, les comportements sociaux individualistes et dissociatifs ont gagné la planète.

En réaction, la plupart d'entre-nous avons pris d'assault les nouvelles plateformes numériques permettant de recréer et d'étendre nos réseaux familiaux, sociaux et professionnels. Ce que nous étions incapables d'imaginer, c'est jusqu'à quel point ces nouveaux services numériques se montreraient inadaptés, incapables de se modeler à nos réalités sociales d'avant. De fait, les outils numériques que nous avons d'abord vu comme complètement bénéfiques, capables de répondre à notre besoin de socialisation, ont formidablement contribué à accélérer notre dissociation vis-à-vis de la société, repoussant toujours plus loin les limites de nos comportements individualistes.

Il y a aussi beaucoup de bon dans les services numériques. C'est un levier formidable, sans lequel d'innombrables projets n'auraient jamais pu voir le jour, et contribuer à changer pour le mieux la vie de millions de personnes. Mais à quel coût? Il est possible de penser que la venue des nouveaux réseaux et services numériques décentralisés pourrait permettre de préserver ces acquis, tout en revalorisant des façons d'être et de faire que nous croyions disparues, ou incompatibles avec le numérique. La responsabilisation, l'aide et l'entraide, le civisme, la bienveillance, la générosité et l'empathie sont parmi les meilleurs exemples. Plus encore, une cohésion jamais vue entre les mondes matériels, spirituels et virtuels est aussi à notre portée, inscrite dans le design même des futurs réseaux décentralisés. Et tout cela passe par une plus grande individualisation des gens au contact des technologies, c'est à dire un remodelage des services numériques qui soit centré sur les besoins de chaque individu et de son entourage.

Évidemment, l'idée d'opposer l'individualisme à l'individualisation mérite d'être développée. On peut définir l'individualisme appliqué au numérique comme le fait d'instrumentaliser l'utilisateur individuel, exacerber la stimulation de ses pulsions principales, au détriment de ses besoins fondamentaux, en parfaite opposition aux valeurs traditionnelles de la vie en société. C'est un vrai problème pour plusieurs d'entre-nous. Pour ce qui est de l'individualisation, c'est ce qui nous avait été promis avec la modernité, soit la capacité à utiliser la technologie pour mieux personnaliser nos rapports avec le monde des machines, la personnalisation comme interface bienveillante entre l'humain et la technologie. Évidemment, l'individualisation n'a jamais été une cible atteignable, parce que technologiquement inabordable pendant longtemps, ni un objectif véritablement souhaité, pour la perte de contrôle social qu'elle entraîne. Bref, l'absence d'individualisation dans la vie moderne est dramatique pour bon nombre d'entre-nous, au point où plusieurs idéologies semblent s'être nourries de ce déficit pour croître.

Comme la doctrine capitalisme, qui promet que le marché saura répondre aux attentes individuelles des consommateurs, donc nourrir notre besoin d'individualisation. Et pour nous le prouver, les industriels nous bombardent de dizaines de produits concurrents dans chaque catégorie. Ou comme dans le cas des idéologies communistes, qui nous promettent de répondre de façon égale et uniforme aux besoins de tous, rendant obsolète toute velléité d'individualisation. Alors pourquoi n'avons-nous jamais étanché notre soif d'individualisation? Pourquoi désirons-nous plus que jamais que nos machines puissent nous comprendre, et puissent combler nos besoins, même ceux que nous n'avons pas encore exprimé consciemment? Et surtout, pourquoi la perspective que les technologies parviennent un jour à satisfaire nos besoins d'individualisation nous effraie-t-elle au plus haut point?

Pour les même raisons que celles qui permettent à un couple d'exister. En l'autre, au sein d'un couple, nous cherchons plus que tout à trouver validation et acceptation pour ce que nous sommes, ou pour ce que nous croyons être, placés face à un égal. Être cent pourcent soi-même et accepté, face à autrui, voilà le summum de l'idéal individualisé. Si la découverte d'un partenaire compatible peut permettre cela, alors tout semble gagné. On baigne dans la confiance et tout devient permis. Si au contraire la personne face à laquelle nous avons osé nous abandonner devait nous rejeter, nous pourrions nous sentir trahis. Dans l'idéal, nous souhaitons la fusion avec l'autre, mais cette fusion ne peut survenir que sous certaines conditions, et la complémentarité entre les individus, ou l'égalité des forces en présence, sont certaines de ces conditions.

Nos rapports avec la technologie sont de même nature. Nous avons créé un mythe énorme autour de l'idée d'intelligence artificielle, parce que nous avons peur qu'elle nous surpasse, et qu'elle nous détruise. D'un autre côté, il semble acquis que nous puissions concevoir nous abandonner à tout système d'intelligence évolué duquel nous pourrions nous croire complètement protégés, sans crainte de représailles. Et là réside la promesse des systèmes numériques décentralisés. D'abord, pour nous protéger des risques dans nos transactions virtuelles avec les autres êtres humains, ou groupes d'êtres humains. Puis, pour assurer notre protection face aux algorithmes et autres intelligences artificielles.

Ainsi, quelles seraient les conditions pour que les plateformes de services numériques décentralisées puissent garantir notre sécurité? D'abord en supprimant tout point de rupture unique. C'est à la source même du concept de décentralisation. Les systèmes centralisés, peu importe leur taille et leur ampleur, ont ceci en commun d'être absolument vulnérables de plusieurs façons, incluant l'existence même de l'entreprise ou de la personne qui exploite le dit système centralisé. En cas de vente ou de disparition ou de changement d'orientation du propriétaire, les services peuvent cesser, ou tomber entre des mains malveillantes. Les systèmes décentralisés possèdent aussi un point de rupture, un seul, et c'est l'apport énergétique en simultané autour du globe. À l'échelle planétaire, si le Soleil venait à s'éteindre, ou si la Terre se voyait oblitérée, tout serait perdu, pas que les réseaux. Donc rien à craindre pour le moment. Dans tout les cas, rien d'autre ne peut empêcher de fonctionner un système décentralisé opérant à l'échelle de la planète.

Alors si l'on ne peut abattre un réseau décentralisé, peut-on en compromettre les données nous concernant? C'est là que toute la finesse des innovations récentes vient à notre rescousse, comme par exemple l'invention de la chaîne de blocs. La plupart des crypto-monnaies actuelles sont basées sur des chaînes de blocs décentralisées, dans lesquelles chaque transaction est consignée. Et pour qu'une transaction puisse avoir lieu, tous les ordinateurs d'un réseau doivent la valider, en comparant leur chaine de blocs avec la nouvelle. Si tout concorde, alors c'est bon, la transaction peut avoir lieu, et fait désormais partie de la grande chaine. Dans ces cas, aucun système central ne participe à l'effort, et même si quelques ordinateurs dans le réseau venaient à flancher, les autres pourraient continuer d'opérer en toute confiance.

Le problème avec les crypto-monnaies sur chaines de blocs, c'est que les coûts énergétiques et les pressions environnementales générées par leurs activités de validation sont gigantesques. Un portion croissante des dépenses énergétiques de la planète y est dédiée, et au final, le rapport coûts-bénéfices global de ces monnaies est irréversiblement négatif. Dans les faits, nous payons tous le prix afin qu'une petite minorité puisse profiter d'encore un autre véhicule spéculatif.

À l'opposé, les futures crypto-monnaies décentralisées utilisent l'entièreté des possibilités qu'offrent la décentralisation des réseaux, de façon à renverser le fardeau de la preuve devant garantir chaque transaction. Au lieu d'avoir un énorme réseau à informer pour chaque transaction, seules les parties intéressées et une fraction du réseau en conserve la trace. Puis chaque fraction de réseau en informe les autres à la demande, à commencer par les fractions voisines. De cette façon, chaque information demeure accessible en plusieurs endroits, et peut être trouvée et vérifiée à la demande. Et dans les cas où l'on se verrait servir une transaction falsifiée ou fabriquée, tout est en place pour éjecter la nuisance du réseau.

Le fonctionnement est calqué sur la dynamique d'un village ou d'un quartier. Imaginez une petite collectivité de quelques dizaines de bâtiments, partageant rues et ruelles. De chaque maison, il est possible de voir ce qui se passe chez un certain nombre de voisins. De fait, plusieurs savent que Antoine a permis à sa voisine, Béatrice, de lui emprunter sa brouette, même s'il est absent. Béatrice vient chercher et ramène la brouette chez Antoine quand elle veut, sans même demander. Un beau jour, Claude qui vit à dix maisons de distance de chez Antoine lui demande pour emprunter sa brouette. Évidemment, Antoine accepte, parce qu'il connaît Claude. Un matin où Claude vient chercher la brouette en l'absence d'Antoine, Denise, une voisine qui n'a pas tout de suite reconnu Claude, s'en inquiète. Elle appelle Antoine pour vérifier, lequel la rassure. Claude a bel et bien la permission d'utiliser sa brouette. Voilà comment fonctionnent les nouveaux réseaux décentralisés. En se modelant sur ce type de comportement pour fonctionner, ces réseaux réussissent à réduire considérablement les coûts de validation de chaque transaction, au point de quasi gratuité, en plus d'en rendre tout le fonctionnement absolument compatible avec les comportements humains traditionnels.

Et attendez, il y a plus. Si une transaction dans un futur réseau décentralisé peut être monétaire, elle peut aussi avoir une toute autre valeur. Plein de valeurs différentes. Pensez à une transaction de réputation, comme sur une plateforme d'enchère. Vous gagnez une enchère, vous recevez ce que vous avez gagné, puis vous évaluez le déroulement de la transaction. Malheureusement, il s'agit ici d'une transaction en silo, isolée. Personne ne saura jamais, outre ce vendeur, vous même, et vos futurs contacts sur ce site d'enchère, que ce vendeur est fiable, et que vous êtes un acheteur digne de confiance. Alors que dans les nouveaux réseaux décentralisés, vos évaluations pourraient vous suivre partout où vous en auriez besoin, faisant en sorte de leur donner une véritable valeur. De fait, l'anonymat serait encore possible, mais ne serait plus souhaitable. Parce que la décentralisation du réseau, de même que les protections qui garantissent votre sécurité, vous mettent à l'abri des failles que nous connaissons dans les services numériques centralisés.

Dans ces nouveaux réseaux décentralisés, si l'anonymat est permis, il n'est donc pas désirable. Parce que derrière chaque participant existe une adresse réseau, un ou plusieurs ordinateurs identifiables, probablement un fournisseur d'accès à Internet avec un compte client, et tout ça à partir d'un lieu physique avec une adresse. Tout ce qui existe déjà dans les réseaux centralisés d'aujourd'hui. La différence, c'est qu'avec la décentralisation, toutes vos données et toutes vos actions sur les réseaux vous appartiennent en propre, et logent chez-vous. De fait, personne ne peut voir l'ensemble de vos actions, outre que vous même. D'abord parce que tout est crypté, et ensuite, parce que tous vos points de contact sont aussi décentralisés. Au final, toute surveillance globale est impossible. Même les fournisseurs d'accès à Internet ne voient que des flots de données cryptées dont les destinations ne sont connues que de vous, du destinataire, et de quelques voisins de réseau, sans que vos données n'aie été vues. Toute surveillance dans le réseau, à quelque échelle que ce soit, devient extrêmement difficile. Et les intrus malfaisants sont vite repérés. Comme sur votre rue, si vous entretenez des contacts avec vos voisins.

Pensez à tout ce qui est connecté aux réseaux de nos jours : les caméras, les téléphones, les ordinateurs de tous types, les appareils ménagers, les voitures, les portes d'entrées, les maisons, les entreprises, les applications, les forces de l'ordre, les espions, les gouvernements, les banques, les fournisseurs d'accès Internet, les sites web, les géants du web, les fournisseurs d'électricité, les compagnies d'assurance, les signaux satellitaires, les avions, etc. Ce sont autant de points de rupture où vos données et votre intégrité sont à risque. Lorsque nous commencerons à migrer vers les nouveaux réseaux décentralisés, tout devra suivre, et l'économie de la surveillance s'éteindra comme elle est venue. Évidemment, aucun système n'est parfait, et rien ne garantit que de futurs systèmes, quantiques et omnipuissants par exemple, ne pourront percer les nouveaux réseaux décentralisés. Simultanément, rien n'indique qu'ils le pourront.

Par Jean Francois Allard